WorldSBK PREVIEW

FREINAGE À LA LOUPE : Brembo livre ses données, Bulega et Debise décortiquent Estoril

Les ingénieurs Brembo aident à mieux comprendre le circuit portugais du Round 11.

Le Championnat MOTUL FIM World Superbike retourne au Portugal pour l'avant-dernier Round de sa saison 2026 et, pour remettre tout le monde dans le bain, Brembo passe au crible les 4.182 km du Circuito Estoril. La marque italienne travaille avec 13 des 14 équipes du plateau, et entre les épingles et les gros freinages, les pilotes vont solliciter lourdement leurs systèmes de freinage lors du Round Tissot d'Estoril.

CLASSÉ « TRÈS EXIGEANT » POUR LES FREINS

Les ingénieurs Brembo classent le circuit portugais comme « très exigeant », soit quatre sur cinq sur leur indice de difficulté de freinage. Une note qui s'explique par neuf freinages par tour, pour un total de 26 secondes. Quatre zones de freinage sont classées dans la catégorie Élevée, dont deux consécutives (virages 6 et 7), auxquelles s'ajoutent deux zones Moyennes et trois zones à Faible sollicitation.

PLEIN GAZ DANS LA LIGNE DROITE AVANT LE VIRAGE 1

Le virage le plus éprouvant pour les freins à Estoril est le premier, où les pilotes écrasent la poignée après avoir avalé à fond les 985 mètres de la ligne droite des stands. Les motos passent de 310 km/h à 84 km/h en seulement 4.9 secondes, en parcourant 249 mètres, avec un effort de 5.6 kg exercé sur le levier de frein. Les pilotes subissent alors une décélération de 1.5 g, et la pression du liquide de frein Brembo atteint 12 bars.

LE VIRAGE 13 « AYRTON SENNA », DÉCISIF

Après avoir enchaîné la double courbe des virages 3 et 4, les pilotes peuvent remettre les gaz dans la ligne droite arrière légèrement coudée, en posant le genou à droite à haute vitesse au virage 5, pour boucler le deuxième secteur en arrivant sur la « Parabolica Interior », le virage 6. Après cette longue boucle à gauche, retour sur le genou droit pour l'« Orelha », le virage 7, puis le virage 8. Un gros freinage mène ensuite à une séquence serrée : la chicane gauche-droite des virages 9 et 10, avant le virage 11, un droite progressif. Le virage 12, un gauche à 90°, peut se révéler piégeux, puisqu'il propulse les pilotes sur la longue et rapide « Parabolica Ayrton Senna », le virage 13, un large demi-cercle à droite qui exige une grande précision pour trouver la bonne trajectoire et soigner la sortie vers la ligne droite des stands.

Cette dernière portion de piste est la préférée du champion du monde WorldSBK 2026 Nicolo Bulega (Aruba.it Racing – Ducati) et de Valentin Debise (EASTROC ZXMOTO Factory Evan Bros Racing), révélation du WorldSSP, qui a atteint de nouveaux sommets sur sa ZXMOTO 820 RR lors de la première saison du constructeur dans la catégorie.

Bulega y a vécu l'un des grands moments de sa carrière en WorldSBK : en 2024, un dernier secteur parfait jusqu'au virage 13 lui a permis de coiffer Toprak Razgatlioglu sur le fil, pour l'arrivée la plus serrée de l'histoire du WorldSBK. « Ce n'est un secret pour personne, mon style de pilotage favorise les courbes rapides, et c'est pour ça que le virage 13 d'Estoril est l'un de mes préférés », explique l'Italien.

Debise a lui aussi connu le succès ici la saison dernière : un Round après sa première victoire en WorldSSP, obtenue lors de sa troisième saison, il y a décroché son deuxième succès. « Le dernier virage est mon préféré, sourit le Français. L'an dernier, quand j'ai gagné une course, je me souviens être sorti de ce virage comme un fou, en faisant patiner le pneu arrière. On voyait à la télé que mon pneu arrière fumait. Encore aujourd'hui, les gens m'en parlent ! »

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