Iker Lecuona (Aruba.it Racing - Ducati) a fait une incursion remarquée dans le paddock du MotoGP lors du Grand Prix de Hongrie. L'Espagnol remplaçait Alex Marquez, blessé aux vertèbres et à la clavicule droite lors de son épreuve à domicile en Catalogne. Le pilote Ducati a ainsi retrouvé le circuit de Balaton Park, un peu plus d'un mois après y avoir disputé la manche du Championnat MOTUL FIM World Superbike. Il a dignement représenté sa discipline en franchissant la ligne d'arrivée en septième position, signant un retour en force pour sa première apparition dans la catégorie reine depuis 2023.
Le représentant espagnol a suivi une trajectoire ascendante tout au long du week-end pour ses retrouvailles avec un prototype MotoGP, une première depuis ses sept piges effectuées avec Honda il y a trois ans. Il s'est classé 17e lors des essais, à seulement 1.2s du leader Pedro Acosta. Il a ensuite haussé le ton pour s'emparer de la sixième place en Q1. Ce résultat s'est avéré insuffisant pour décrocher un billet pour la Q2. Il a tout de même bouclé la séance à un peu moins de quatre dixièmes et demi de Luca Marini, deuxième, et à six dixièmes du premier, Pecco Bagnaia.
« Je voulais rattraper Diogo, mais je suis très satisfait de ma performance »
Qualifié en 16e position sur la grille du Sprint, Lecuona n'a pas réussi à trouver le bon rythme sur sa machine. Incapable de pousser véritablement, il a concédé deux places pour terminer 18e. C'est lors du Grand Prix dominical qu'il a véritablement assemblé toutes les pièces du puzzle pour dévoiler son plein potentiel. Il a gagné trois positions dès le premier virage suite à une manœuvre trop optimiste de Jorge Martin à l'intérieur, qui a emporté Fermin Aldeguer (le coéquipier de Lecuona), Marco Bezzecchi, Raul Fernandez et Fabio Di Giannantonio, ce dernier ayant pu repartir par la suite. Bien lancé, l'Espagnol s'est défait de Brad Binder au troisième tour, puis de son ancien rival du WorldSBK Toprak Razgatlioglu deux boucles plus tard. Il a ensuite trouvé son rythme de croisière. Bien qu'il ait dû s'adapter à une gestion des pneumatiques très différente de celle exigée en Championnat MOTUL FIM World Superbike, il a signé son meilleur tour en course au 20e de ses 26 passages. Il a même trouvé les ressources nécessaires pour déborder Jack Miller dans l'ultime boucle, sécurisant ainsi une superbe septième place.
« Je suis avant tout très heureux de notre prestation, l'équipe a abattu un travail fantastique de bout en bout, explique Lecuona en analysant son Grand Prix. Nous n'avons commis aucune erreur et je me sentais de plus en plus à l'aise à chaque sortie de stand. Par chance, personne n'a été blessé lors du carambolage du départ, ce qui nous a offert quelques places gratuites. La suite de la course s'est très bien passée. Nous nous sommes battus en peloton avec pas mal de dépassements. J'ai fait plusieurs erreurs, mais j'ai tout de même réussi à prendre le meilleur sur Jack Miller. Je voulais rattraper Diogo pour me frotter à lui, mais je reste de toute façon ravi de ma performance globale. »
« Les chronos étaient un peu irréguliers à cause de cela, et ça m'a coûté cher à la fin »
La copie rendue par Lecuona est particulièrement solide, surtout au vu de son manque de repères récents dans le paddock MotoGP et de sa position lointaine sur la grille de départ. Si l'accrochage du début de course l'a bien aidé, il a prouvé que sa vitesse de pointe le plaçait parmi les hommes les plus rapides du plateau. Il a d'ailleurs détenu le troisième meilleur tour en course pendant un temps, seulement devancé par Marc Marquez et Pedro Acosta. Sans ses difficultés à gérer la température de ses gommes en pleine attaque, il estime qu'il aurait pu se mêler à la lutte avec le redoutable rookie Diogo Moreira. Au final, ses équipes Aruba.it Racing - Ducati et BK8 Gresini Racing MotoGP ont toutes les raisons de se réjouir de cette prestation aboutie.
« Je suis arrivé sans la moindre attente, mais mon chrono de 1'39.2s aux essais était vraiment bon, détaille l'Espagnol en tirant le bilan de son week-end. Je sentais que je pouvais remonter sur les pilotes devant moi, mais c'était compliqué à cause d'un cycle infernal. Je faisais un tour rapide, puis je faisais surchauffer le pneu au passage suivant et j'élargissais ma trajectoire. Il fallait alors que je soulage un peu l'effort pour refroidir la gomme avant d'attaquer à nouveau. Les chronos étaient un peu irréguliers à cause de cela, et ça m'a coûté cher à la fin. Ce qui me réjouit particulièrement, c'est de voir que Nicolò et moi avons le niveau pour débarquer dans ce paddock et rouler très vite. Bien sûr, des garçons comme Sam Lowes ou Yari Montella ne sont pas loin non plus. De telles performances prouvent que le Championnat MOTUL FIM World Superbike a un excellent niveau. »
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